Les stades de l’endométriose : quelle origine et quelle signification ?

Stade I, II, III ou IV… C’est bien souvent ainsi que beaucoup de patientes entendent qualifier « leur » endo par les professionnels de santé. Mais que recouvre exactement cette notion et quelle est son utilité ? Le point sur les tentatives de classification de l’endométriose et sur l’état de l’art actuel. Pour enfin comprendre ce que le stade d’endométriose veut dire !

LE SCORE AFS ou rAFS : LA RÉFÉRENCE EN VIGUEUR POUR LA CLASSIFICATION DE L’ENDOMÉTRIOSE

La première évocation médicale de l’endométriose remonterait à 1690. Mais il a fallu attendre 1860 pour qu’une observation histologique de la maladie soit réalisée et décrite par le Dr Rokitansky. Et ce n’est qu’en 1923 que le terme endométriose est utilisé pour la première fois par le chirurgien John Sampson.

Depuis 1941, plusieurs experts ont proposé des systèmes de classification. Tous ont été rejetés. Ces difficultés à classifier la maladie de façon à la fois simple suffisamment informative démontrent bien à quel point l’endométriose est une maladie complexe et très hétérogène.

La société américaine de fertilité ou AFS (American Fertility Society) fut la première à proposer un système quantitatif de classification de l’endométriose en 1979. Son objectif était de définir la sévérité de la maladie en se basant sur la localisation des lésions et leur étendue.

En 1985, ce système de score AFS fut révisé (on parle depuis de score AFS révisé ou rAFS) en intégrant quelques détails additionnels tels que le nombre de lésions ovariennes, la distinction entre lésions ovariennes superficielles et profondes, la reconnaissance des cas d’endométrioses minimes ou encore la création de la catégorie des endométrioses tubaires. En 1996, l’AFS devient l’ASRM (pour American Society of Reproductive Medicine) mais tout le monde continue de parler de score rAFS.

COMMENT FONCTIONNE LE SCORE rAFS ?

Le score se calcule sur la base d’une évaluation combinée, par le professionnel de santé, des atteintes suivantes : lésions péritonéales, lésions ovariennes, adhérences annexielles sur les ovaires et les trompes ainsi que l’oblitération du Douglas. Le résultat détermine le stade et le degré de sévérité de l’atteinte.

rAFS

 

LES LIMITES DU SCORE rAFS

D’un point de vue technique, plusieurs articles scientifiques ont souligné les limitations de cette classification, parmi lesquelles : une échelle de scoring trop large, des erreurs possibles d’observations en fonction du chirurgien et de par la diversité morphologique de la maladie, des fluctuations du score en fonction de l’évolution hormonale liée au cycle menstruel ou encore des scores différents en fonction de la méthode chirurgicale.

L’utilité du score rAFS reste reconnue pour décrire et documenter l’état de la maladie au moment de la chirurgie. Cependant, la plupart des spécialistes reconnaissent qu’elle ne permet malheureusement ni de prédire le pronostic clinique ni d’indiquer la meilleure stratégie pour le traitement de la douleur ou de l’infertilité.

ET AUJOURD’HUI ?

Un système idéal de classification devrait s’appuyer sur des bases scientifiques solides, être dénué d’ambiguïtés, être applicable à toutes les patientes, bien refléter la sévérité de la pathologie, et enfin être complet et reproductible, indépendamment du médecin qui pratique l’examen.

Aussi, de nouveaux systèmes de classification continuent d’être proposés et évalués. Parmi eux, la classification française FOATI, qui prend en compte le caractère inflammatoire de la maladie. Cependant, probablement en raison du fait qu’elles sont principalement observationnelles et prennent peu en compte l’analyse biologique des lésions, aucune de ces classifications n’est parvenue à ce jour à proposer une corrélation fiable avec le caractère évolutif de la maladie ou la meilleure stratégie de traitement (douleur et infertilité).

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